Apollon

Apollon - vénéré notamment dans les centres panhelléniques de Delphes et de Délos - est le plus hellénique des dieux, même si son nom n'est pas grec et que les mythes qui l'entourent renvoient à l'Asie Mineure et, avant cela, au nord de l'Asie. Fils de Zeus et de Léto, il naît sur l'île de Délos. Des cygnes sacrés l'emmènent dans le pays des Hyperboréens, où le soleil ne se couche jamais et où le bonheur règne. Puis il se rend à Delphes, où il vient à bout du protecteur d'un vieil oracle, le serpent Python, qui ravage la région. Apollon s'empare de l'oracle et installe dans son antre la Pythie, qui transmet les réponses du dieu aux hommes. Apollon a des pouvoirs divinatoires, et les hommes d'Etat grecs consultent son oracle à Delphes avant de prendre des décisions importantes. Le caractère extatique des prophéties rendues par la Pythie, le révèle sous un aspect non rationnel, non grec. Son arrivée tardive parmi les Grecs est illustrée en outre par le fait qu'il est le quatrième oracle à prendre possession de Delphes. En dehors de ses fonctions de devin, Apollon purifie les homicides, comme le montre le mythe d'Oreste, traité notamment par Eschyle dans les Euménides. Enfin, la légende de Hyacinthe, à Amyclées, montre clairement qu'Apollon a supplanté un dieu plus ancien : Hyacinthe, en effet (la terminaison en -nthos est pré-grecque), était un dieu local de la fertilité qui est devenu l'amant (et la victime accidentelle) du nouveau dieu.  

Illustrant aussi l'idéal grec de la modération - le temple de Delphes portait la devise médên agan («rien de trop») - Apollon veille sur ces activités civilisées que sont la musique et la la poésie, et dirige le chœur des Muses. En tant que Phoibos («celui qui brille»), il est associé au soleil. Dieu de la Lumière, il est aussi celui de la Vérité. C'est enfin une divinité guérisseuse, puisqu'il a été le premier à apprendre aux hommes l'art de la médecine.  

L'art le représente sous la forme d'un jeune homme dans sa prime jeunesse, incarnant l'idéal masculin, soit sous ses aspects virils et forts, comme à Olympie (470 av. J.-C.), soit sous un aspect plus sentimentalisé, comme dans la sculpture du IV e   siècle.